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Des vêtements qui ne se mangent pas... (démystification 1/2)
thom
09 Février, 2007 09:02
Mode éthique
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Quand je parle de mode éthique, soit on me demande si ces vêtements sont bio-dégradables (sous-entendu qu'ils "fondent" dans le lave-linge !), soit on me demande s'ils sont comestibles...
Cela m'a donc mis en appétit pour une première leçon de démystification. Une deuxième suivra dans quelques jours pour tenter d'oublier un peu le bonnet péruvien.
Prenons l'exemple d'un banal T-shirt en coton. Avant d'arriver sur vos épaules :
- le coton est cultivé, puis égrené et filé,
- le fil fabriqué est ensuite ennobli [= teinté], puis tissé ou tricoté,
- avec l'ensemble des accessoires, étiquettes, etc, les tissus sont assemblés : c'est la confection.
Entre chaque étape, les produits sont transportés pour arriver finalement dans une boutique, puis chez vous ... l'ensemble représente des milliers de kilomètres !
Pour les marques de mode éthique, le but du jeu est donc d'avoir une démarche la plus responsable possible pour chacune de ces étapes. Des labels existent pour attester du cadre environnemental et social mais j'avoue moi-même encore m'y perdre...
Pour commencer, on va donc simplifier à 3 étapes "clé" ayant un fort impact environnemental : la culture du coton, l'ennoblissement et le transport.
La culture du coton utilise énormément d'eau et consomme à elle seule 25% des pesticides produits dans le monde, pour seulement 3% de nos terres cultivées ! Cela représente des millions d'empoisonnements et des milliers de morts chaque année (par l'eau polluée par les pesticides). L'alternative consiste donc à le cultiver de manière biologique, c'est à dire avec des procédés naturels et non-polluants.
L'ennoblissement est le traitement du fil de coton pour le rendre bleu, jaune, ou parfois infroissable, etc. À base de produits chimiques et très gourmandes en eau, toutes ces opérations sont très polluantes lors de la production et peuvent être dangereuses à porter.
Le traitement des eaux sortantes est donc primordial sur place. Par ailleurs, l'élimination des métaux lourds pour les teintures, l'utilisation d'eau oxygénée (à la place du chlore) pour blanchir sont des exemples d'alternatives tout à fait performantes, non-cancerigènes et anallergiques pour nos peaux.
Enfin, le transport lie cette chaîne de fabrication du début à la fin. Mis bout à bout, cela représente des milliers de kilomètres en tracteurs, en camions, en bateaux, en avions. Ce dernier moyen de transport est celui qui produit le plus de CO2 (gaz à effet de serre) par kg de chargement. Les marques éthiques privilégient donc le transport maritime.
Tout au long de cette grande chaîne de fabrication, on peut aussi s'assurer de son "équitabilité" (rémunération juste de chacun des intervenants) et de son éthique professionnelle (conditions de travail décentes).
L'éthique est donc transversale, globale et un vêtement éthique, c'est tout ça. En plus, il se repasse, il se lave en machine, et on verra dans "le retour de la démystification" qu'il peut même être beau ! 
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